Pendant ces journées partagées, Wilfrid prenait soin de moi. C’était réconfortant. Notre présence l’un à l’autre nous convenait, sans même parfois se parler. Nous nous entraidions. Lors des passages techniques ou gadouilleux, je lui prêtais un de mes bâtons de marche. Un soutien mutuel, protecteur.
Nous avons discuté politique, économie, entrepreneuriat, objectifs personnels, difficultés diverses, familles… Des conversations relativement profondes que je n’avais pas avec d’autres personnes. Je me souviens de lui avoir dit une fois :
– J’ai pas envie de rentrer, Wilfrid. Je ne suis pas bien ! Je ne veux pas rentrer…
Et il m’a répondu :
– Il te reste encore un mois ! Pourquoi tu penses à rentrer ? Ça fait seulement vingt-cinq jours que tu es partie.
Mais je me projetais sur mon retour.
C’est aussi une des leçons que j’ai tirées du Chemin :
Chaque chose en son temps.
Ce n’est pas le moment de penser à ça !
J’avais écho de certaines situations au bureau et cela me tracassait. Mais les choses avaient le temps d’évoluer d’ici mon retour. Il avait toujours les mots rassurants :
– Pourquoi tu te pollues avec ça ? Est-ce que tu peux agir ?
– Non.
– Alors pourquoi tu t’inquiètes de choses sur lesquelles tu n’as pas de moyens de pression ?
Quand nous parlions de mon travail, ses conseils contribuaient à alléger mon mental. Son retour d’expérience générait des questionnements constructifs.
La marche au long cours permet ce genre de discussions profondes car le corps est occupé. On devrait faire des entretiens professionnels en marchant.
Je garde de très bons souvenirs de nos échanges.
📖
Extrait du livre
« Et si je n’avais jamais osé – Une cheffe d’entreprise sur le Chemin de Compostelle »
Stéphanie Gendre, 2025
Pour découvrir le livre de Stéphanie voire le commander:
https://laplumedalexandra.fr/stephanie-gendre/

